Volume 31, no 2
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Metamorphosis praxeon. Nouvelles approches et thèmes en histoire ancienne
Publication en novembre 2012Sous la direction de Christian Raschle et Pierre Bonnechere
Volume 31, no 1
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![]() Réseaux : entre normes, stratégies et échanges |

La médiation judiciaire au Québec, un exemple de droit en réseau ?
Jean-Yves Lagasse de LochtLa production et l’application des normes juridiques ont subi de multiples transformations qui peuvent être lues à la lumière de l’émergence de nouveaux modes de gouvernance étatique. Ces mutations ont fait constater à plusieurs théoriciens du droit que l’image de la pyramide associée à l’architecture de la théorie générale du droit ne tenait plus tout à fait debout et perdait de sa pertinence, au point que certains aient proposé un nouveau paradigme pour la construction architecturale du droit : le réseau. L’auteur interroge ces déplacements avec l’émergence de la médiation judiciaire au Québec et sa potentielle transformation de la fonction de juger.

Faites un roi, ou faites la guerre : les organisations de l’Action française pendant la Grande Guerre (1914-1918)
Kevin Audet-ValléePeu approfondie dans l’historiographie de l’Action française, la période de la Grande Guerre n’en reste pas moins déterminante dans l’histoire de ce mouvement néoroyaliste et nationaliste français dont le parcours va de l’affaire Dreyfus au régime de Vichy. Tandis que ses maîtres à penser appelèrent leurs troupes à se rallier sans condition à « l’Union sacrée » du monde politique en faveur de la défense nationale, les militants du mouvement s’exilèrent en masse vers les tranchées. L’Action française, qui dans l’avant-guerre était structurée en un ensemble d’organisations présentes partout en France sous la forme de sections, se retrouva donc dépourvue entre 1914 et 1918 de sa force militante publique. Néanmoins, grâce aux efforts de quelques-uns de ses animateurs restés à « l’arrière front » et maintenant les activités du quotidien qu’il publiait, les idées du mouvement néoroyaliste avaient atteint à la fin de la guerre une notoriété inédite.

La gauche canadienne et l’URSS : entre les échanges et la domination
Daria DyakonovaLes révolutions de février et d’octobre de 1917 ont placé la Russie au centre du mouvement socialiste et révolutionnaire dans le monde. Elles ont également provoqué diverses réactions tant en Europe qu’en Amérique du Nord. Le Canada, qui a vu au début du 20e siècle une croissance du mouvement ouvrier et l’apparition de partis socialistes a aussi été affecté par ce bouleversement majeur. Selon Norman Penner, historien de la gauche canadienne, cette révolution a produit « un effet électrifiant1 » sur le mouvement socialiste et communiste au Canada et a abouti à la création du Parti communiste du Canada (PCC) en 1921, qui est devenu simultanément une section de l’Internationale communiste (ou Komintern) fondée sous l’impulsion de Lénine.

Télé-visions : pour de nouvelles approches théoriques de l’histoire de la télévision canadienne
Philippe PoliquinCet article explore les multiples facettes de l’avènement de la télévision canadienne à travers les écrits de deux intellectuels canadiens-français – ici d’André Laurendeau et de Marcel Dubé. En nous référant à leurs fonds d’archives publiques respectifs, nous tentons de discréditer le principal courant de l’historiographie de la télévision canadienne : la tendance institutionnelle. Nous explorons les enjeux de cette branche historique en soulignant les faiblesses opératoires de ce paradigme et soutiendrons que des approches plus compréhensives révèlent des aspects jusqu’à alors marginalisés par l’histoire de la télévision canadienne classique et, surtout, révèlent avec plus de discernement comment a été vécu l’avènement de la télévision entre 1952 et 1962.

Confusion des rôles ? L’artiste et le spectateur dans la Manœuvre
Anne-Sophie BlanchetSi c’est le spectateur qui fait le tableau, l’artiste – lui – que fait-il ? Ce que cette phrase met en relief, c’est la remise en question du statut de l’artiste comme unique créateur de l’œuvre. Elle souligne également le rôle actif du spectateur, puisque c’est à travers son regard (son interprétation) que l’œuvre d’art trouve sa résonnance dans le monde. L’artiste et le spectateur sont ainsi liés à l’intérieur d’un système de médiation unissant le créateur, l’objet d’art et le regardeur. Si on a beaucoup questionné l’art et le statut de l’artiste depuis les explorations dada au début du 20e siècle, c’est cependant plus particulièrement à partir de la fin des années 196 qu’on s’est véritablement attardé à la figure du spectateur et sur le rôle qu’il peut jouer dans le processus de création.

Réseaux nobiliaires provençaux et cérémonie d’hommage (XIVe siècle)
Philippe BoulangerLorsqu’un souverain médiéval ordonne à ses vassaux de lui prêter serment de fidélité, la cérémonie qui s’ensuit donne l’occasion aux différents réseaux nobiliaires de se rassembler. Tel fut le cas en Provence en 1351 lorsque le roi et la reine de Naples, en difficulté dynastique, ont appelé leurs vassaux à participer à une campagne d’hommage. Les divers membres de la noblesse provençale se sont regroupés selon leurs différents réseaux afin de réaffirmer leur appartenance au groupe, mais aussi pour faire savoir certaines de leurs contestations politiques.

Passage obligé : les réseaux de correspondance dans la constitution de collections particulières à Montréal, 1870-1910
Caroline TruchonSouvent pensée en termes de loisir solitaire (A. Corbin, 1999), la pratique de la collection est pourtant tributaire de l’intégration du collectionneur à divers et nombreux réseaux. Dans cet article, il sera question du rôle essentiel des réseaux de correspondance épistolaire dans la constitution des collections privées à Montréal dans le dernier tiers du 19e siècle. En jetant un regard sur quelques-uns des différents modes d’acquisition des objets de collection, il est possible de constater le caractère fondamental des réseaux de correspondance dans la constitution de collections particulières, mais aussi de cibler les divers acteurs qui composent le réseau de correspondance du collectionneur, notamment des marchands, d’autres collectionneurs, des artistes et des agents de terrain. Il ressortira de cette analyse que cette correspondance écrite est un passage obligé de la pratique de la collection qui confère des avantages, certes, mais qui n’est pas sans comporter certains risques.

Disposer d’un réseau familial protège-t-il de l’enfermement ? Étude des procédures d’enferment au Refuge de Clermont, 1re partie du XVIIIe siècle
Claire GarnierC’est ici des Refuges, et autres lieux d’enfermement des « filles de mauvaise vie » dont il sera question. Le XVIIe siècle a été caractérisé par Michel Foucault dans l’Histoire de la Folie à l’âge Classique comme le siècle du Grand Renfermement : l’État, dans le but d’organiser la société, selon une volonté de purification morale expliquée notamment par Norbert Elias dans la Civilisation des Mœurs, met en place toute une structure hospitalière et carcérale destinée à l’enfermement et au soin de tous les « déviants ». Selon cette théorie, les hôpitaux généraux qui fleurissent en France aux XVIIe et XVIIIe siècles sont des prisons morales destinées à l’enfermement des déviants de la société. Cette théorie est aujourd’hui largement remise en cause, le caractère coercitif des hôpitaux généraux n’étant pas toujours établi dans les faits, nombre d’entre eux se trouvant être des hospices pour vieillards plutôt courus.

Isis et le destin en Grèce hellénistique : la circulation d’Isis-Tychè
Stéphanie BriaudNous pouvons dire qu’il existe une Isis égyptienne puis une Isis gréco-romaine, cette dernière se diffusant dans tout le bassin méditerranéen grâce à un réseau de fidèles et de prêtres très investis dans son culte. Pour accroître le succès de leur divinité, cette communauté n’hésite pas, à travers les textes gravés (les arétalogies) et l’iconographie, à la parer d’un « habillage » grec, en développant certains aspects esquissés dans la théologie pharaonique, mais avec une sensibilité hellénistique, susceptible de toucher un plus large public. Tel est le cas des rapports entre Isis et le destin.

La Belgique : au carrefour des théories européennes de la restauration
Émilie TanniouC’est sur la place du marché de Bruxelles appelée Grand-Place qu’est construit l’Hôtel de Ville de Bruxelles au XVe siècle, inscrit aujourd’hui sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Cet Hôtel de Ville, érigé en style gothique, est en grande partie détruit en 1695 et reconstruit, puis remanié en profondeur au XIXe siècle. La façade gothique de l’Hôtel de Ville est alors transformée en néo-gothique. L’idée est de faire un décor plus idéalisé que le style préexistant. Il s’agit de faire remonter l’origine de la nation belge au Moyen-âge à travers l’Hôtel de Ville. En effet, la Belgique veut accroitre le sentiment national de la population. C’est cette transformation qui nous intéresse ici. Nous allons tâcher de retracer les causes du remaniement de l’Hôtel de Ville de Bruxelles à la lumière des idées qui circulent en Europe sur la conservation du patrimoine.

L’appropriation du réseau hydrographique canadien sous le Régime français
Benjamin FurstCharlevoix, en 1744, affirme que « c’est sans contredit le pays du monde où il y a le plus d’eau ». De fait, le contact des Européens avec l’hydrographie canadienne a été immédiat, le Saint-Laurent constituant la porte d’entrée du territoire, force était de constater à quel point l’eau était présente sur ce territoire méconnu. A-t-elle pour autant eu un impact sur ces colons ? Les Français ont-ils montré la volonté de s’adapter au système hydrographique canadien, ou se sont-ils efforcés de conserver leurs anciennes pratiques ? Quels ont été leurs discours, leurs perceptions, leurs gestions de l’eau ? Plus présente qu’en France, l’eau en devient-elle plus dangereuse ? Comment les Français se sont-ils approprié l’hydrographie de la vallée laurentienne ?

Jean-Baptiste-Louis Franquelin (1650-1712 ?). Hydrographe du Roy à Québec : son identité professionnelle en regard aux réseaux qui l’ont modulée
Maxime-Édouard CrêteLa problématique de départ se penchait sur Franquelin comme une étude de cas dans la construction de la connaissance. Bien que l’approche à cette problématique soit multiple5, notre démarche écarte l’approche biographique. Car : « l’œuvre de Franquelin n’a toutefois pas connu la renommée qu’elle méritait. Le fait que ses cartes soient demeurées manuscrites n’a guère attiré l’attention des historiens et des bibliographes ». Malgré un récent travail de réhabilitation à l’histoire7, force est d’admettre tous les trous de mémoire qui rendent impossible la reconstitution de la vie ou la carrière de Franquelin d’un fil continu avec certitude. Par exemple, plutôt anecdotique, mais fort tangible, on aurait perdu son portrait et on ne peut affirmer la date de sa mort, assurément entre 1712 et 1730.

Recensions
Thierry Sarmant et Mathieu Stoll, Régner et gouverner : Louis XIV et ses ministres, Paris, Perrin, 2010. 661 pages.
Marie-Ève Beausoleil
Richard W. Kaeuper, Holy Warriors: The Religious Ideology of Chivalry, Philadelphie, University of Pennsylvania Press, 2009. 331 pages.
Justine Dewavrin
Donald Gibson, Wealth, Power, and the Crisis of Laissez Faire Capitalism, New York, Palgrave Macmillan, 2011. 296 pages.
Simon Vézina
Nathalie Poirier, L’enjeu spirituel des enfants non baptisés. La protection des enfants à naître et des nouveau-nés dans le gouvernement de Montréal 1693-1760, Québec, Septentrion, 2010. 291 pages.
Emilie Robert










